(l)(l)(l) Citations d'Alphonse Daudet (l)(l)(l)

«A quinze ans, vingt ans tout au plus, on est déjà achevé d'imprimer.»


«La gloire, c'est comme un cigare qu'on mettrait dans la bouche par le bout allumé. D'abord ça brûle, et puis, on ne sent plus que la cendre.»


«La vie, c'est une boite d'instruments qui piquent et coupent. A toute heure nous nous ensanglantons les mains.»


«Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire : "usage externe", comme sur les fioles de pharmacie !»


«L'épithète doit être la maîtresse du substantif, jamais sa femme légitime.»


«Les hommes vieillissent, mais ne mûrissent pas.»


«Voyez-vous, mes enfants, quand le blé est mûr, il faut le couper ; quand le vin est tiré, il faut le boire.»
- Extraits des Lettres de mon Moulin

«Le prisonnier voit la liberté plus belle qu'elle n'est.»


«L'oeuvre qu'on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu'on a faite.»
- Contes du lundi

«Le seul menteur du Midi, s'il y en a un, c'est le soleil. Tout ce qu'il touche, il l'exagère.»


«La meilleure façon d'imposer une idée aux autres, c'est de leur faire croire qu'elle vient d'eux.»


«L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire.»
- Tartarin de Tarascon

«Le jour, c'est la vie des êtres, mais la nuit, c'est la vie des choses.»
- Extraits des Lettres de mon Moulin

«La nuit tombe, vous frôle en passant de son aile noire toute humide.»
- Extrait des Lettres de mon moulin

«Le roman est l'histoire des hommes et l'histoire le roman des rois.»
- Souvenirs d'un homme de lettres

«Les femmes aiment à consoler, et porter ses chagrins de coeur en écharpe est la meilleure façon de réussir auprès d'elles.»
- Port-Tarascon

«Où serait le mérite, si les héros n'avaient jamais peur ?»
- Tartarin de Tarascon

«La gourmandise commence quand on n'a plus faim.»
- Extrait des Lettres de mon moulin

«La haine, c'est la colère des faibles !»
- Lettres de mon moulin


(l)(l)(l) Citations d'Alphonse Daudet (l)(l)(l)

# Posté le samedi 05 septembre 2009 11:02

(l)(l)(l) Les Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet (l)(l)(l)

Les Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet
Présentation des Lettres de Mon Moulin
Ce recueil de nouvelles (ou lettres) d'Alphonse Daudet a été publié chez Hetzel en 1869.
Ces lettres ont été rédigées en partie avec Paul Arène entre 1866 et 1869 et publiées tout d'abord dans la presse (Le Figaro, L'Evènement, Le Bien Public)
L'édition originale ne comportait que 19 lettres. Celle de 1879, chez le même éditeur en comporte 24.
Le premier charme de ce recueil est de restituer les odeurs de la Provence et d'y camper des personnages pittoresques : le curé gourmand, l'amoureux, le poète, le berger, le joueur de fifre, les voyageurs de la diligence... Dans ce recueil Daudet parvient aussi à allier tendresse et malice. Il se moque avec gentillesse des manies d'un pape avignonnais, des douaniers paresseux, d'un prêtre épicurien, ou d'une femme légère...

Les Lettres de mon Moulin est aujourd'hui l'½uvre de Daudet la plus connue. Pourtant à la parution, elle passa quasiment inaperçue. C'est Daudet lui même qui raconte : « Le volume parut chez Hetzel en 1869, se vendit péniblement à deux mille exemplaires, attendant comme les autres ½uvres e mes débuts, que la vogue des romans leur fit un regain de vente et de publicité. N'importe ! C'est encore là mon livre préféré, non pas au point de vue littéraire, mais parce qu'il me rappelle les plus belles heures de ma jeunesse, rires fous, ivresses sans remords, des visages et des aspects amis que je ne reverrai plus jamais ».
Histoire de Mes livres

Ces lettres sont écrites à la première personne et sont précédées par un avant propos qui relate l'acte de vente par lequel le narrateur achète le moulin et l'installation.
Les principales lettres de Mon Moulin
- Avant Propos
- Installation
- La Diligence de Beaucaire
- Le Secret de Maître Cornille
- Le Chèvre de Monsieur Seguin
- Les Etoiles
- L'Arlésienne
- La Mule du Pape
- L'Agonie de la Sémillante
- Les Douaniers
- Le Curé de Cucugnan
- Les Vieux
- Les Trois Messes Basses
- En Camargue
- La Mort du Dauphin
- Le Sous-Préfet aux Champs
- Le Poète Mistral
- Les Oranges
- Le Portefeuille de Bixiou
- Légende de l'Homme à la Cervelle d'Or
- Les Deux Auberges
- A Milianah
- Les Sauterelles
- L'Elixir du Révérend Père Gaucher
- En Camargue
Le Moulin d'Alphonse Daudet
Aux cours de ses séjours à Fontvieille, Alphonse Daudet aime à se ressourcer en écoutant le chant des cigales. Il se décide un jour à acheter un moulin, mais ceci ne restera qu'un projet : « Mon moulin ne m'appartint jamais. Ce qui ne m'empêchait pas d'y passer de longues journées de rêves, de souvenirs, jusqu'à l'heure où le soleil hivernal descendait entre les petites collines rases, dont il remplissait les creux comme d'un métal en fusion, d'une coulée d'or toute fumante ».


(l)(l)(l) Les Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet (l)(l)(l)

# Posté le samedi 05 septembre 2009 10:52

(l)(l)(l) Meuniers et moulins (l)(l)(l)



"Meunier, tu dors, ton moulin, ton moulin va trop vite, Meunier, tu dors, ton moulin, ton moulin va trop fort..." Le meunier est présent dès notre enfance, à travers cette comptine jubilatoire que les petits rythment avec de grands moulinets de bras. Mais il est largement présent dans la littérature et dans notre histoire : la grande comme la petite, celle du quotidien.

Meuniers et moulins chargés d'histoires...
Les meuniers – ou plutôt les belles meunières – sont présents aussi bien dans les berceuses et les chansons d'amour du passé que dans les images d'Épinal coquines ou qu'en littérature : nous avons tous en tête les moulins de Don Quichotte ou ceux du père Cornille, dans Les lettres de mon moulin de Daudet. Ils sont aussi, pour nos aïeux, un peu sorciers : on attribuait au meunier le pouvoir de guérir l'échappe (une maladie des ganglions) ou les rhumatismes en frappant la partie malade de son marteau à rhabiller la meule.
Les moulins eux mêmes ont partie liée avec l'histoire, comme les châteaux, les ports ou d'autres constructions souvent plus impressionnantes. Les moulins à vent sont utilisés par les royalistes sous la Révolution, pendant les guerres de Vendée, pour indiquer la position des troupes républicaines par le mouvement de leurs ailes. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, ils serviront de support au télégraphe pour transmettre des messages hors de Paris.

Meuniers et moulins du quotidien...
Mais l'importance du moulin se mesurait surtout au quotidien : sa meule broie le grain et donne la farine nécessaire à la fabrication du pain. Comme celui-ci est l'aliment de base de la société d'autrefois, le moulin joue donc un rôle primordial.
Moulin à eau ou moulin à vent ? À côté des moulins de l'Antiquité mus par la force animale, les moulins à eau se multiplient à l'époque carolingienne. Les moulins à vent, si beaux dans nos paysages, ne se généralisent qu'à partir du XIIème siècle. Dans tous les cas, leur création représente un investissement tellement important que seuls les seigneurs locaux ou les religieux peuvent en financer la construction. Jusqu'à la Révolution, le meunier n'est donc qu'un "utilisateur" du moulin : il doit reverser au seigneur une partie du grain qu'on lui apporte. Il a en contrepartie l'exclusivité de la fabrication de farine sur tout le territoire appelé la "banlieue" du moulin, c'est-à-dire une surface ayant pour rayon la distance qu'un âne chargé peut parcourir en une demi-journée. En paiement de son travail, il prélève 1/24ème de la farine moulue – en théorie du moins, car la tradition l'accuse d'avoir souvent la main lourde...

La fin d'un univers
La Révolution met fin aux monopoles seigneuriaux sur les moulins, qui deviennent autant d'entreprises privées. Les constructions se multiplient au point qu'on peut considérer le XIXème siècle comme l'âge d'or des moulins !
Une embellie avant leur disparition : les machines à vapeur apparaissent vers 1850, les cylindres commencent à remplacer les meules à partir de 1872 et les minoteries industrielles fabriquant du pain blanc (par opposition au pain bis réalisé avec la farine traditionnelle) se généralisent à la fin du XIXème siècle. L es meuniers ont beau dénoncer jusqu'en 1910 les méfaits du pain blanc, le combat est perdu : les minoteries ont désormais fait disparaître de nos campagnes et de nos paysages les moulins d'autrefois.


(l)(l)(l) Meuniers et moulins (l)(l)(l)

# Posté le samedi 05 septembre 2009 10:10

(l)(l)(l) Le temps des moissons (l)(l)(l)


D'abord la moisson

La marquise de Sévigné a évoqué dans l'une de ses lettres le plaisir qu'elle avait pris à faucher quelques épis de blé lors d'une après-midi de moisson.
Mais elle n'avait consacré qu'une demi-journée à cette activité fort éreintante pour ceux qui en vivaient !
Autrefois, c'était à la faux que l'on coupait les épis, qu'ils soient d'orge, d'avoine ou de blé. Ce n'est qu'au début du XXème siècle que se sont généralisées les faucheuses. Ces engins à vapeur coupaient les épis sur leur côté droit et il fallait donc quand même encore utiliser la faux tout le tour du champ sur une zone de la largeur de la machine pour ne pas perdre le grain. Par ailleurs, les premières faucheuses ne liaient pas les gerbes : femmes et enfants devaient suivre derrière la machine pour ramasser les épis et les attacher. Les faucheuses-lieuses ont remplacé les faucheuses peu avant la Seconde Guerre mondiale.

Le transport des gerbes jusqu'à la ferme

Les gerbes liées restaient sur place dans le champ jusqu'à ce qu'elles soient bien sèches, afin d'éviter des condensations ou fermentations pouvant se transformer en combustion. Ensuite, chaque fermier allait en charrette les chercher et les ramenait dans la cour de sa propre ferme en de gigantesques tas.

Le battage au fléau

Jusqu'au XIXème siècle, voire le début du XXème siècle dans les régions les plus pauvres, le battage pour séparer le grain de la paille s'effectuait au fléau. "Les difficultés sont multiples, raconte Van Gennep. Il faut d'abord apprendre à faire pivoter le petit bâton au bout du grand ; comme bien d'autres, j'ai commencé par me l'envoyer sur la tête ; il y a une petite torsion du poignet à donner ; dès qu'on a saisi le truc, le travail est deux fois moins pénible. Ensuite, il faut savoir se déplacer sur l'aire selon une sorte de pas de danse qui rappelle celui des dindons faisant leur cour ; et réussir le mouvement sans se déhancher, ni se donner un tour de reins et aussi en ne se baissant en avant qu'à peine ; sinon, on est vite fourbu. La troisième difficulté consiste à garder la cadence imposée au début par le chef d'équipe et, pour ce faire, il faut économiser son souffle, combiner à la fois les mouvements des bras et ceux des pieds. J'ai vu de bons batteurs man½uvrer à l'entour de l'aire sans presque mouvoir le corps et arriver au bout des dix à douze heures de battage sans épuisement" Toute la famille est mise à contribution mais aussi les voisins (à charge de revanche) ainsi que des équipes d'ouvriers agricoles qui tournent d'une exploitation à l'autre au moment des moissons puis des battages.

Le battage à la machine

À partir du XXème siècle sont arrivées les batteuses, d'énormes machines impressionnantes qui passaient de ferme en ferme pour battre les gerbes qu'on y avait rassemblées. Pour une petite ferme, la batteuse travaillait une journée ou une demi-journée seulement, avec là encore beaucoup de monde pour l'aider. Il fallait une vingtaine d'hommes : deux installés en haut de la machine qui y enfournaient les gerbes qu'on leur tendaient, d'autres pour les leur tendre, d'autres pour ligoter la paille, les plus costauds enfin pour lier les sacs de blés (50 kg minimum) et les monter dans les greniers.
Tout cela dans un grand bruit de moteur à vapeur et dans une nuée de poussière de paille ! Rien n'était perdu : la paille bien séchée servait de litière aux animaux l'hiver et les "balles" (coques des épis) étaient données aux lapins. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'apparurent dans les exploitations petites et moyennes les moissonneuses-batteuses : faucheuses, lieuses et batteuses à la fois.

Pour finir:le repas de fin de battage

"Manger comme un batteur", dit un dicton alsacien, car l'appétit des batteurs était devenu proverbial. Lorsque le battage était fini, la journée se clôturait sur un solide dîner, bien arrosé, sur de grandes tables en bois dressées dans l'une des granges de la ferme. Y participaient tous ceux qui avaient aidé – et certaines fermes étaient plus recherchées que d'autres pour le travail car on y mangeait mieux ! Tard dans la nuit, chacun rentrait chez soi... pour mieux recommencer le lendemain : pas question de chômer en période de moissons, le grain n'attend pas !


(l)(l)(l) Le temps des moissons (l)(l)(l)

# Posté le samedi 05 septembre 2009 08:32

(l)(l)(l) Bon point et bonnet d'ane (l)(l)(l)



Claques et bonnets d'âne

"Les élèves ne pourront jamais être frappés", indique le statut de l'instituteur de 1834. Claques, coups de règles et oreilles tirées font pourtant partie, jusque vers 1970, des moyens de rétorsion utilisés par le maître pour calmer les élèves dissipés ou faire rentrer de force un cours dans la tête d'un cancre. Pas question de le reconnaître pourtant : "Si vous reprochez [à l'instituteur] d'avoir tiré les cheveux, il prétend qu'il a posé la main sur la tête et que l'enfant s'est retiré méchamment, juste pour laisser une poignée de cheveux entre ses doigts."
Dans certaines écoles, il existe des "mauvais points" (l'inverse des bons) qui privent l'élève de récréation au bout de cinq, la mise au piquet ou à genoux pendant la durée de la classe, l'obligation de porter autour du cou un écriteau mentionnant la nature de la faute ou sur la tête le traditionnel bonnet d'âne – appelé vache en Bretagne où le nom de cet animal est synonyme de benêt.

Je ne ferais plus le singe, je ne ferai plus le singe

Qui en revanche n'a pas copié dix, cinquante ou cent lignes ? À la fois pour punir l'enfant et pour l'éduquer. "L'année des bourses, raconte Pierre-Jakez Hélias, je me vois infliger la conjugaison à tous les temps et à tous les modes du verbe dactylographier, cette horreur. Que je dactylographiasse, que nous dactylographiassions ! Tout premier de classe que je sois, j'ai mille misères à conjuguer par écrit le verbe dactylographier !"

Et les bons points alors ?

À côté du bâton, il y a la carotte. Les maîtres ont longtemps utilisé les bons points : au bout de cinq ou de dix selon les écoles, l'enfant gagne une image. Autre principe censé favoriser une saine émulation et le désir d'apprendre : la croix d'honneur, épinglée chaque semaine sur la blouse du meilleur élève de la classe. La croix sera abandonnée en même temps que les classements lorsque, le 6 janvier 1969, le ministère décide de supprimer tout système de notation et de comparaison entre les élèves.

La distribution des prix

Elle est tombée en désuétude à partir de 1968 mais elle était pourtant le moment de gloire républicaine rêvé par toutes les familles, surtout les plus modestes. L'histoire d'un paysan lorrain évoque avec beaucoup d'émotion cette cérémonie en 1910 : "À son banc, le petit s'était levé ; il marcha vers l'estrade avec une crânerie charmante et reçut un beau livre rouge. La voix recommença : Prix de calcul : Maurice Meunier ; prix d'histoire : Maurice Meunier ; prix de leçon de choses : Maurice Meunier. Neuf fois, la voix répéta son nom, sonore et fatidique. L'enfant avait tous les prix. [...] Mme Jondet demanda : Qui est cet enfant qui remporte tant de prix ? Son voisin se retourna vers la bijoutière et la regarda fixement : " Madame, c'est mon petiot ". Oui, avec ses bijoux, ses toilettes, sa maison, elle n'avait pas la fierté qui le rehaussait, lui, le simple, le tâcheron qui déchargeait les voitures. Il répéta tout haut : " C'est mon petiot ! C'est mon petiot !""


(l)(l)(l) Bon point et bonnet d'ane (l)(l)(l)

# Posté le samedi 05 septembre 2009 06:41

(l)(l)(l) L'automne (l)(l)(l)


L'automne
L'automne au coin du bois,
Joue de l'harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte.
On dit qu'elles sont mortes,
Mais personne n'y croit.
L'automne au coin du bois,
Joue de l'harmonica.
Maurice Carême

Mois d'automne

Septembre est rond
comme un raisin
voici les grains
et leurs pépins

Le mois d'octobre
a pour champions
les champignons
les potirons

Novembre a froid
il met des gants
aux doigts du vent
et des enfants

Quant à décembre
il ne dit rien
Noël revient
dans les sapins.




(l)(l)(l) L'automne (l)(l)(l)

# Posté le vendredi 04 septembre 2009 17:50

(l)(l)(l) L'école en 1900 (l)(l)(l)

Je vous propose de vous asseoir l'espace d'un instant derrière un pupitre de bois, de respirer l'odeur mélangée de craie, d'encre et de poêle à bois et de suivre la leçon de morale comme le faisaient nos grand parents ...

En milieu rural, l'école se limitait souvent à une pièce unique dans la mairie du village.
Le maître siégeait sur l'estrade, à côté du tableau noir alors que les élèves de tout âge prenaient place sur leur pupitre de bois.
Au fond de la classe se tenait le pôele que chaque élève allumait à tour de rôle et qui servait à la fois de chauffage et de rechauffe gamelle, les cantines étant rares à l'époque.


Les leçons de nos grand parents étaient théoriques : lecture, écriture, calcul, orthographe, morales : leçons de morale et d'éducation civique et manuelles : travail du bois et ouvrage d'aiguilles pour les filles .

" Nos cartables en cuir, souvent usés par nos grands frères et s½urs, étaient déjà trop lourds et regorgeaient, à côté du livre de lecture et du cahier du soir, de la trousse ou du plumier, de la règle en bois, de trésors qu'on dévoilera aux copains à l'heure de la récréation. "



Leçons de morale

"Bien mal acquis ne profite jamais."
" Plus fait douceur que violence. "
" L'homme ignorant gagne difficilement sa vie. "
" L'oisiveté est mère de tous les vices. "
" Personne ne croit plus le menteur, même quand il dit la vérité. "
" L'alcool voilà l'ennemi. "
" Afin de devenir un homme honnête et un bon citoyen, observe les conseils de la morale. "


(l)(l)(l) L'école en 1900 (l)(l)(l)

# Posté le vendredi 04 septembre 2009 17:41

Sacré Charlemagne
De France Gall

Qui a eu cette idée folle
Un jour d'inventer l'école
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne
De nous laisser dans la vie
Que les dimanches, les jeudis
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Ce fils de Pépin le Bref
Nous donne beaucoup d'ennuis
Et nous avons cent griefs
Contre, contre, contre lui

Qui a eu cette idée folle
Un jour d'inventer l'école
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Participe passé
4 et 4 font 8
Leçon de français
De mathématiques
Que de que de travail
Sacré sacré sacré Charlemagne

Il aurait dû caresser
Longtemps sa barbe fleurie
Oh Oh sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Au lieu de nous ennuyer
Avec la géographie
Oh Oh sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Il n'avait qu'à s'occuper
De batailles et de chasse
Nous n'serions pas obligés
D'aller chaque jour en classe

Il faut apprendre à compter
Et faire des tas de dictées
Oh Oh sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Participe passé
4 et 4 font 8
Leçon de français
De mathématiques
Que de que de travail
Sacré sacré sacré Charlemagne

Car sans lui dans notre vie
Y n'y aurait que des jeudis
Oh Oh sacré Charlemagne
Oh Oh sacré Charlemagne
Oh Oh sacré Charlemagne...

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 11:29

(l)(l)(l) Ah si vous saviez ce que j'aimais l'école (l)(l)(l)

(l)(l)(l) Ah si vous saviez ce que j'aimais l'école (l)(l)(l)
De la plume au bic : l'évolution des fournitures scolaires

L'heure est aux achats de fournitures scolaires : c'est à qui trouvera le protège-cahier rose transparent qui manque encore à une liste, ou le stylo griffé du dernier héros de dessins animés réclamé par l'enfant. Le matériel nécessaire à l'écolier a considérablement augmenté depuis le XIXe siècle. Petit aperçu du matériel d'écriture de l'élève et de son évolution...
Un budget de rentrée en 1900

Vers 1900, pour un cahier, une plume, un crayon, un buvard, de l'encre et de la craie, il faut débourser de 3,50 à 5 F ; pour un livre de lecture 0,60 F, pour un fablier 1,25 F et pour une ardoise 0,40 F. Soit un total de 5,75 F à 7,25 F, ce qui représente une somme importante pour les foyers modestes (à titre d'exemple, un facteur rural gagne alors 430 F par an, un gendarme 780 F par an).

Les familles sans ressources peuvent obtenir de l'école des cahiers gratuits, mais, pour éviter les abus, le ministère fait imprimer sur la couverture la marque infamante : « Cahier d'indigent »... ce qui limite les demandes.

Plumes et plumiers...

Au XIXe siècle, le matériel d'écriture tenait bien peu de place. Même si Guizot confirmait que le maître était censé apprendre à écrire (et pas seulement à lire) aux enfants, et que Jules Ferry précisait par arrêté que « le temps consacré aux exercices d'écriture doit être d'une heure au moins par jour dans le cours élémentaire », le papier et l'encre restent longtemps rares et chers.

L'élève apprend à former ses lettres à la craie sur une ardoise, voire une planche. Une fois qu'il maîtrise un peu l'écriture, il passe au cahier de brouillon (papier gris) et au crayon qui peut se gommer. L'écriture à la plume est une consécration ! On apprend à ce moment-là seulement à modeler son écriture en anglaise, en cursive, en ronde ou bâtarde...

Si la plume d'oie (ou de poule) est l'outil par excellence de la première moitié du XIXe, (plume préparée par le maître compte tenu de la difficulté de dégraissage, de fente et de taille des plumes neuves), la plume métallique commence à faire son apparition. Jean-Benoît Mallat lance en 1850 des plumes en acier qui font fureur. Peu après sont créées les fameuses plumes sergent-major avec lesquelles quatre ou cinq générations d'écoliers français vont apprendre à écrire.

Souvent en bois, le porte-plume, rustique, prend place dans un plumier, lui aussi de bois (parfois peint et verni à partir des années 1920-1930) ou de métal. L'élève y glisse aussi quelques billes... et le plumier devient, comme la trousse des années 1960, une sorte de fourre-tout intime.
Encres, encriers et buvards...

Les élèves apportent au départ leur encrier. Le modèle type du XIXe siècle est un tube de verre logé dans un carré de liège à l'épreuve des chutes... Au XXe siècle, les modèles vont se multiplier : encriers en porcelaine, en faïence, en verre, en bakélite, en étain...

Puis l'encrier va trouver sa place dans le matériel scolaire, dans un trou creusé à cet effet dans le bureau de l'écolier. L'élève n'a donc plus besoin d'amener d'encre, il en trouve dans l'encrier de son pupitre, que le maître se charge régulièrement de remplir. Les encres noires, qui corrodent trop vite les plumes, sont remplacées à la fin du XIXe siècle par des encres bleues ou violettes.

Pour éviter les pâtés ou les taches, l'élève apporte par ailleurs une poudre qui fait sécher l'encre ou tout simplement de la sciure s'il est pauvre. À partir des années 1860-1870, le buvard fait son apparition et remplace définitivement les poudres.
Stylos et trousses

Finalement, poudres, encres, buvards, porte-plume, tout cela disparaît au profit du stylo à la fin des années 1960.

Le fameux stylo à bille Bic, peu onéreux, inventé en 1950, obtient en 1965, par décret, l'autorisation d'être utilisé dans les écoles françaises. Même si beaucoup d'élèves de primaires ont continué jusqu'à la fin des années 1960 à écrire avec une plume et de l'encre, les années 1970 marquent l'hégémonie absolue du Bic (qui existe à partir de ce moment-là en version quatre couleurs).

L'apparition du plastique aidant, les modèles, les formes, les couleurs vont se multiplier, non seulement pour les stylos, mais aussi pour les trousses qui vont détrôner les plumiers et stocker tous les petits outils (et les petits trésors) des écoliers.
Du côté du support : ardoises et cahiers

Les ardoises se transmettaient au XIXe siècle d'une génération à l'autre. Un temps bien révolu à l'ère du jetable. On est passé de l'ardoise noire avec une craie blanche à l'ardoise noire avec des craies de toutes les couleurs puis, depuis quelques années, à l'ardoise Velléda blanche avec ses feutres effaçables multicolores.

Quant aux cahiers, ils sont apparus avec Jules Ferry. Cahiers de dictées, de verbes, de style, d'écriture, de mathématiques, de dessins : il existe autant de cahiers que d'exercices scolaires et sous deux formes : cahiers de brouillon et cahiers propres.

À partir du début du XXe siècle, ils sont souvent fournis par le maître. Imprimés à son nom et à celui de l'école sur la couverture, ils comportent au dos le rappel des unités de mesure ou des tables de multiplication.

La révolution dans les cahiers se fait dans les années 1950 : on demande désormais aux parents de les acheter (comme au XIXe siècle) et ils sont de meilleure qualité.

Avec l'apparition du plastique, les protège-cahiers font véritablement leur percée et remplacent le papier journal dont les enfants des générations précédentes entouraient leurs cahiers.

Puis la publicité s'en mêle : les couvertures de cahiers ne vont plus nécessairement reproduire des aide-mémoire (comme dans la première moitié du XXe siècle) ou des éléments de sa sécurité routière (comme dans les années 1960), mais la dernière peluche, poupée, voiture ou marque à la mode. Il y a désormais, malgré les listes distribuées par les enseignants pour la rentrée, autant de cartables et de contenus différents que d'élèves... pour un budget qui peut vite déraper.


# Posté le mercredi 02 septembre 2009 11:22